Parlez-moi d’Amour !

La Pression sociale et le couple

Parlons en…

Voilà quelques années maintenant que je vis en solo et, à vrai dire, même en duo je vivais déjà pas mal en solo car nous avions fait ce choix, lui et moi. Mais comme le mâle était « officiellement » présent pendant une décennie, personne ne pipait mot… ou plutôt je leur faisais avaler leur pipe.

Et puis, un jour, on se retrouve seul, il y a la période de manque affectif, celle du déséquilibre dont tous les vilains assoiffés de pouvoir tirent profit, en vous attrapant dans leurs filets. Mais comme votre toile n’est pas encore complètement refaite, il y a des gros trous qui laissent passer de gros poissons parfois même de gros requins, vous ne vous en apercevez pas… C’est plus drôle ainsi.

Puis ça passe, on se réveille, on est lucide, la clarté apparait, on se reconstruit, sur d’autres modèles. On commence à effeuiller l’arbre du conditionnement conscient, inconscient subconscient reçu depuis l’enfance et même peut-être depuis la conception.

Ca n’est pas toujours agréable mais peu à peu la voie se dégage, il fait grand soleil !

Là, on peut dire que ça commence à aller vraiment très bien, on sait jouir de cette grande liberté, on y prend goût, notre vie affective ressemble, vue de l’extérieur à un jeu de Lego tout juste explosé par un enfant impatient mais pourtant nous, à l’intérieur, on va bien et même très bien.

Parce que ce travail de connaissance de soi passe par une certaine solitude, qu’il ne faut pas confondre avec isolement. Parce que ce temps a soi nourrit, remplit, de l’intérieur.

On se sent plein à bien des égards et lorsque il y a un trop plein, c’est de la joie qui jaillit.

C’est un sentiment de complétude qu’il est bien difficile de décrire à quelqu’un qui ne l’a pas vécu…

Et c’est là, à ce moment divin, qu’apparait la fameuse pression sociale.

Famille, amis, tout le monde commence à vous montrer du doigt parce que vous êtes seule, oui à 35 ans. Et alors ? seule… ou peut être pas ?

Seule aux yeux des modèles que l’on nous impose, en fait peut-être juste mystérieuse, sûrement actuelle… Et surtout en quête d’un autre mode relationnel.

A partir du moment où l’on commence à envisager la vie sur le principe du bon et plus sur le principe du manque, une nouvelle conscience émerge, celle de l’être en train de s’accomplir.

Il n’y a rien de plus beau qu’un être qui suit son chemin, sa voie et qui s’épanouit.

Mais la société qui aime catégoriser, classer, trier et qui vit a 80% par la peur, aime à coller des étiquettes à la manière industrielle.

La pauvre, tu comprends, c’est une fille seule…. combien de fois ai-je entendu la sempiternelle ritournelle.

Le couple, tel qu’il est défini par notre société, c’est à dire finalement plus comme un carcans rassurant que comme un espace d’évolution, me semble quelque peu moyennageux.

Bien sûr, il y a un âge où le grand conditionnement qu’on nous a gentiment mis dans la tête, à nous mesdames, fait mine de ressurgir.

Et puis on observe, autour, la liberté de l’un qui entrave celle de l’autre, le grand manège des jeux de pouvoir et d’attachement et les souffrances qui en découlent.

Et c’est là qu’on a grandement envie de fuir à toutes jambes ! Pourtant au fond de nous, on est bien humains, on a besoin d’amour, comme tout le monde ! On le rêve, on l’imagine mais parfois on retombe à l’imaginer selon les critères de l’entourage en lieu et place des nôtres. Alors là il faut arrêter tout de suite ! Et se recentrer sur qui on est. Vouloir de l’amour oui, mais comment ? C’est un peu comme les médicaments, tout est question de dosage et de voie d’administration.

Interagir en consience

Je n’envisage plus aujourd’hui une quelconque relation (amicale, amoureuse), sans sa dimension spirituelle, c’est à dire sans un véritable centrage de l’individu sur ses besoins profonds, sur son chemin d’épanouissement. Quand on est mort c’est trop tard madame, le centrage c’est avant qu’il doit avoir lieu.

Voilà où nous en sommes, nous, la grande tribu des célibataires modernes. Ces phases de retour à soi font partie d’un chemin, d’un apprentissage.

Mais l’erreur serait de croire que cet apprentissage s’arrête lorsqu’arrive, l’autre, l’alter ego, le miroir, celui qui pourrait, peut-être nous faire face.

En vérité c’est à ce moment précis que le travail de fond démarre, car la théorie c’est bien joli mais si j’habitais en théorie….

Ces périodes de solitude tant décriées, où l’on te donnerait presque une pièce parce que, miséricorde, tu es seule ! sont, à mon sens, en pratique très constructives. Elles préparent un après, un renouveau, un reformatage du disque en somme. Et j aimerais savoir combien de personnes établies en couple se sentent moins seule, je crois que ça serait intéressant. « Seul tu naitras, seul tu mourras… » Je n’ai rien inventé. La solitude n’a rien de vilain, il faut juste savoir l’apprivoiser. Car au fond, c’est aussi une illusion mais ça c’est une autre histoire…

Du Lien

En revanche, la façon dont nous nous relions au monde, ça c’est un sujet qui mérite un peu d attention.

La qualité du lien que nous créons, à nous-même, au monde, à l’autre, quel qu’il soit, devrait, selon moi, faire partie de nos priorités.

Si je me relie avec amour et compassion à mon être profond, alors, je peux entrer en amitié avec moi-même, et avec ce et ceux qui m’entourent.

Et peut-être, si tel est mon choix, m’atteler à la construction d’une relation avec un partenaire sur de nouvelles bases qui favorisent le chemin d’évolution de chacun, dans un respect total de l’autre.

Il y a mille façons de se relier à l’autre…

Ouvrir une fenêtre, envisager d’autres perspectives, moins égo-centrées là où les modèles étriqués fournis par la société ont échoué, là où le conditionnement familial, relationnel (inconscient) a actionné en nous des mécanismes automatiques, se diriger vers l’autre en conscience. Laisser place à notre créativité… C’est plus long, c’est sûr. C’est moins simple aussi, cela demande du lâcher prise et de réajuster son thermomètre régulièrement. Bref c’est de la vie en mouvement.

On sait que ça ne sera jamais parfait mais, sur la durée, rester vigilant, laisser les respirations et les espaces nécessaires, sont quelques clés pour la transformation de chacun. Car rien ne change, rien ne bouge…. Mais tout se transforme !

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