Medicine Woman, Femme d’intérieur


Crédit Photo Fred Auclair 2015

September 10th 2015

J’ai 34 ans, je suis Medicine Woman. Depuis ma plus tendre enfance je me faufile à travers les énergies denses de l’incarnation et soulage les maux de l’âme et du corps.

Longtemps, ces visions, ces perceptions ont été un fardeau qui m’a causé bien des soucis.

Le chemin n’a pas été de tout repos, jalonné d’obstacles douloureux qui m’ont parfois valu de longues maladies, m’ont fait frôler la mort de près, cette mort que j’ai la sensation de connaître puisque je voyage de part et d’autre de la barrière depuis toujours. Mes premiers souvenirs remontent à l’âge de 3 ans mais mes premiers dessins prouvent que je m’évadais déjà loin de ce monde mental bien plus jeune.

J’ai expérimenté mon premier Samadhi, ma première extase méditative, dans cette petite enfance. Juste avant de sortir de mon corps, chaque, soir avant de m’endormir. Cette perte d’apesanteur, ce moment de libération que j’attendais avec excitation. Comme tous les enfants. Puis, l’expérience s’est poursuivie, pour ne jamais s’arrêter. Mes premières prémonitions avérées ont eu lieu à l’âge de 7 ans. Elles étaient malheureusement annonciatrices de décès dans la famille, de catastrophes. Et je ne savais pas encore à cet âge-là que l’on pouvait utiliser ces informations de façon à les traiter, à les transformer et peut-être changer le cours des choses. On n’évite pas un départ si il est acté karmiquement mais on peut parfois prolonger, en ouvrant des fenêtres, en tirant des fils et en éliminant des graines « malignes ». Je ne le savais pas encore. Je culpabilisais de tout.

Et je ne comprenais pas les autres, ni mes semblables, ni les « grandes personnes » qui vivaient comme si elles allaient être éternelles. J’ai souffert d’enfermement. Longtemps.

On me disait différente. Moi je voulais être comme tout le monde. Alors je peignais, en silence. Des tourbillons cosmiques, des hélices d’ADN, des galaxies. Des visions…

Avec les années, le travail s’est poursuivi, malgré moi.

Vers l’adolescence, il y eût un pic, beaucoup de sorties de corps, mes premières remontées d’âmes errantes en conscience. J’appris aux âmes à voler, à se dissoudre, à se diriger vers un au-delà : du verbe, de la matière, des illusions de la conscience du monde incarné. Les premières fois, je me suis un peu énervée, je ne comprenais pas d’où venait cet attachement si prononcé à la matière. Je pensais que tout le monde, comme moi, volait en conscience, toutes les nuits… Mais non, certains êtres ont besoin de guidance. Je me fis donc leur guide, une petite lumière blanche que certains ont déjà aperçue, lorsque je prie pour eux.

Mes corps sont canal. Nous sommes canaux.

Un medium, rien de plus, le câble qui relie l’interrupteur à l’ampoule. Car la lumière est partout, les ressources sont partout mais bien souvent la conscience humaine, lestée par le poids de ses croyances limitatives, souffle sur l’ampoule éteinte comme on tente d’attiser un feu mourant.  Il s’agit d’appuyer sur l’interrupteur, placé au centre de notre cœur et de le relier à l’ampoule. Une profonde méditation permet de retrouver cet état de pureté. D’accéder à ses ressources, de désembrumer le ciel en un éclair.

Vers l’âge de 14 ou 15 ans, le magnétisme en moi s’est accentué. J’ai commencé à soigner, mon entourage, mes proches. Toujours dans le plus grand secret, car cette différence était pour moi inacceptable. En fait, la différence, c’est le rejet. Une fois que l’on accepte, on se rend compte qu’on n’est qu’un infime grain de sable, une gouttelette dans l’océan.

Puis, où que j’aille les rencontres avec des guérisseurs se sont produites, malgré moi, ça et là, en Espagne, en France, en Asie. Ces choses là arrivent quoi qu’on en pense et que l’on en veuille ou non.

J’ai refusé, longtemps… Et plus je refusais, plus la vie me donnait d’obstacles à surmonter. Parfois dans une grande violence. C’est dans l’épreuve que l’on apprend. Que l’on se renforce. Comment guérir son prochain si l’on n’a pas nous-mêmes traversé le buisson de ronces avant lui. Pour guérir l’autre, il faut guérir des parties de nous-mêmes que l’on ne veut pas forcément regarder. Lorsque l’on entre dans la voie, il n’y a plus le choix. Agir en guerrier, traverser, le blanc comme le noir, parfois le très noir, sans s’y attacher et sans rechercher de soutien extérieur. Voir les pierres au propre et au figuré.

Vers 27 ans j’ai commencé à me sentir monstrueuse. Mon don était en pleine accélération, les énergies planétaires commençaient à cingler sévèrement et moi j’avais l’impression de devenir cinglée aussi.

On m’a alors annoncé que je ne devais plus soigner. J’avais à soigner toutes mes parts d’ombre (ou tout du moins une grande partie car le travail n’est jamais terminé) avant de transmettre.

J’ai attrapé le taureau par les cornes, affronté des traumas enfouis, dans l’ombre, seule, en les décortiquant comme on désosse une carcasse de poulet.

Ce travail a duré 7 ans, au cours desquels j’ai avancé et beaucoup reculé en même temps car je refusais toujours la voie, la « mission », le chemin de vie. Jusqu’à épuisement. Le burn out de ces dernières années n’était autre que la manifestation de la chute d’un système. Une monarchie égotique moyennageuse qui n’attendait que sa destitution. Au lieu de ça, moi, je faisais des révolutions, je guillotinais à foison mais une révolution, comme son nom l’indique n’est qu’un tour de terrain. On peut faire beaucoup de cercles avant d’oser monter les premières marches de l’évolution.

Malgré le parcours d’obstacles incessant, les rencontres de « guides », comme des panneaux de signalisation sur la route, ont continué à se produire, Même si je ne voulais rien entendre, j’étais obligée de voir ce que l’on me mettait devant les yeux, gros comme le nez au milieu de la figure. Alors, assez naturellement, j’ai commencé à accompagner quelques personnes en off.

Le cœur a commencé à s’ouvrir, très épisodiquement à coup d’électrochocs. Des éclairs. Il se refermait souvent aussi vite. Ca fait peur d’embrasser tous les êtres lorsque l’on se croit différent d’eux. Et puis cette année, ce même cœur m’a conduite dans un petit coin de jungle envahi de guérisseurs. Nous avons pu échanger, sur plusieurs plans. Chaque personne rencontrée depuis le début de cette année 2015 n’a eu de cesse de me répéter d’être qui je suis. J’ai encore refusé, obstinément, jusqu’à ce qu’une ultime rencontre provoque le déclic. Un peu comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Chute du pouvoir… Le roi (de pique) est mort, vive le roi…de Cœur…

On se redécouvre dans toute sa mouvance, dans toute sa pureté, relié des pieds à la tête à la source. Une grande confiance en l’univers s’établit presque immédiatement lorsque l’on s’en remet à ce qui doit être et non à ce que l’on pense qui doit être. La souplesse apparaît, les murs deviennent des voiles et soudain un coup de vent les emporte dans une bourrasque.

A mes pieds, une liasse de peaux encore tièdes, gisantes… Des résidus de mues en cascade.

Je suis nue, j’ai maigri, je suis blanche.

Plus aucun habit ne vient  masquer mon intention. Je suis nue. Je fais don de moi, car j’ai compris que le moi n’existe pas. Nous, toutes ces énergies qui traversent, avons rejoint un point d’entente, une unité qui pourra peut-être inspirer.

Les derniers kilomètres sont souvent les plus durs à parcourir, on a mal aux pieds, on est épuisé, on lutte, jusqu’à ce que l’égo lâche enfin ou encore… Ce dernier mois, je me suis retrouvée, une énième fois immobilisée. 9 jours sans genou. Sans pouvoir sortir de chez moi. Ce genou qui s’est arrêté en signe de trève de combat depuis un an et demi. Le jour de la grande acceptation, avec un A majuscule, ce jour là, lorsque toutes mes cellules ont enfin accepté d’entendre la voix et d’emprunter la voie juste, j’ai senti comme une main à l’intérieur de mon genou. Une présence extrêmement dense qui pressait mes cartilages, replaçait doucement , mais suffisamment fermement pour que je ne puisse pas bouger, toute la rotule. Mon genou, mon je-nous, était enserré dans une main invisible. L’opération a duré 30 minutes. Je n’avais jamais ressenti une chose pareille.

Dès le lendemain, mon genou était fort comme avant, plus aucune douleur. J’ai enfin pu, dix jours après cette intervention invisible, refaire du sport. L’énergie s’est remise à circuler dans mon corps, mon excès de joie m’a aussi fait un peu dévaliser les magasins. Deux heures plus tard, mon premier « patient » m’a contactée. Puis deux jours plus tard, un second. C’est un immense sentiment de gratitude qui m’envahit, que je laisse monter en moi, que j’accepte avec bienveillance. Celui d’avoir consenti à accepter la mission qui n’est autre que d’être profondément humain. La nouvelle se répand plus vite que l’éclair depuis qu’elle est inscrite en moi. J’aperçois autour de moi, des yeux s’illuminer, on y lit une attente de mieux être, on y lit : aime moi. C’est avec grande humilité que je m’incline devant le plus puissant qui me traverse et me guide dans les soins, dans LE soin à l’autre. Et c’est avec joie que je vais commencer dans quelques jours à peine, à transmettre, à partager, de l’amour, en infusion, en éclairs ou en flèches lorsque le mal s’en est allé loin dans les chairs. Semer des graines de mieux, pénétrer la noirceur d’un trait de lumière et accompagner ceux qui me le demandent vers leur propre chemin d’auto-guérison.

Avoir confiance, plus besoin de protection lorsque l’on cesse de se protéger d’un soi illusoire. Fluidité et bénédictions.

Je suis nue, je suis blanche, je m’incline et je vous aime. J’avance, guidée par une étoile.

Plus d’infos sur le soin

2 réflexions sur “Medicine Woman, Femme d’intérieur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *