Marcher sur le fil, la Danse du Funambule

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Finalement, ce qui compte avec le temps, ce n’est pas tant CE QUE l’on fait n’est ce pas ? Mais plutôt ce que l’on EN fait.

Accepter ses erreurs, ses failles, ses crises, fait partie du chemin. Il peut y avoir des ornières, un bouchon ou même un accident sur la route, ce n’est pas pour cela que nous renonçons à notre départ en vacances.

Tant que rien n’est sérieux alors tout est possible.

J’aime m’inspirer des lamas tibétains parce qu’ils ont cette grande sagesse qui consiste à savoir rire de tout. Cette autodérision qui rend la vie aussi légère et subtile que la plume évadée de la queue de l’aigle en plein vol.
Bien sûr, nombre de sujets dans nos vies sont sérieux, dans le sens où ils font leur poids, à eux seuls. Pour autant, inutile d’y rajouter un sac de gravas de consternation, affliction et tous leurs petits frères de mots en -ion. Là on a perdu la route et on a même peut être fini dans les décors ! Qui comme leur nom l’indique, ne sont que des ornements.

De la Justesse…

Au fond, nous aimerions être justes, dans nos propos, dans notre vision (fausse) des choses.

Cette justesse vient, petit à petit, avec les années. On la cherche, on tâtonne, on croit la trouver mais si nous la connaissions par avance, nous serions des Dieux.

Au départ, comme un jeune conducteur, nous manoeuvrons notre monture un peu à vue, avec des coups d’accélérateur, des freinages un peu sauvages, des dérapages plus ou moins contrôlés jusqu’à ce qu’un jour, enfin, nous atteignions notre vitesse de croisière.

A ce point précis, nous nous sentons bien, solides et sûrs de nous.

Pourtant cette confiance façonnée par l’acte, par le repère connu, en lieu et place de la découverte est peut-être bien aussi une illusion.

Car la vigilance des débuts cède sa place à l’habitude, à l’automatisme, celui-là même qui vient un tant soit peu nous ramollir les neurones.

Et l’accident peut survenir à tout moment.

C’est la zone de confort, celle où l’on croit que rien ne peut plus jamais nous arriver car nous avons déjà tellement expérimenté. Notre expérience fait loi.

Oui, mais Non.

S’ouvrir au possible…

Si, en revanche, nous acceptons que ce que nous tenons pour sûr ne l’est vraiment pas et que nous pourrions danser avec cette mouvance, peut-être devenons-nous les funambules de notre propre vie.

Il s’agit alors de marcher sur le fil de ce qui nous semble le plus juste à l’instant T.

Comme en politique, tout est affaire de choix, de flair et de réactivité.

Il faut être un peu visionnaire aussi, son propre Jules Verne. Et se faire confiance.

Bien sûr, cette démarche demande une prise de risques et une grande humilité à l’intérieur. Parfois le fil peut sembler flou comme la route de campagne s’efface de temps à autres dans le brouillard matinal.

C’est le jeu pourtant. Avancer, gracieusement, même si tout ne semble pas complètement clair.

Puisque nous avons les pieds sur le fil et qu’un pas en appelle un autre, conserver une verticalité des orteils au sommet du crâne devrait nous permettre de ne pas tomber.

C’est du bon sens !

Peut être cette démarche est-elle moins confortable qu’une balade en calèche. Mais la liberté et la richesse qu’elle procure ne sont pas mesurables.

Car au lieu de nous laisser tracter, nous sommes aux prises avec le réel, l’inattendu, l’impermanent, nous sommes en vie.

L’esprit, comme la jambe du funambule, s’assouplit et cette exploration-là n’a pas de prix.

Etre funambule de sa propre vie, c’est un art, une philosophie et un apprentissage.

Du cycle…

Lorsque le fil sera un peu trop fréquenté, il se pourrait qu’on le transforme en autoroute et là, à nouveau, être vigilant, retrouver le mince fil de la voie, se frayer un chemin et se réinventer.

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