LA MACHINE À VOYAGER DANS LE TEMPS, À LA RENCONTRE DES NOUVEAUX HOMMES

d9b53d_d609990d1f4843499a37e260090a492fSavez-vous que lorsque l’on passe du temps à se reconnecter à la Terre, à se reconnecter à soi, lorsque l’on expérimente la vie « authentique », celle d’« avant » (les nouvelles technologies et l’individualisme outrageux), celle où l’on se parle au lieu de regarder son smart phone, celle où votre voisin vous propose spontanément son aide, s’il vous voit souffrant (par exemple), savez vous que lorsque l’on vit cette reconnexion et que l’on revient ensuite dans une grande ville dite « civilisée », on peut subir un choc des mondes plus ou moins violent ? Un peu comme les Visiteurs lorqu’ils viennnent de se crasher par erreur sur terre.. Remontons un peu dans le temps… Avez-vous connu cette époque où l’homme vivait encore avec d’autres hommes, où la solidarité faisait partie du bien commun… vous savez ?? Cette ère, juste après le néolithique, que certains, trop jeunes, n’ont peut-être jamais connue, mais que, du haut de mes 35 ans, j’ai eu la chance de vivre, dans les années 80, dans des agglomérations à taille humaine ou plus simplement dans les campagnes de l’Aude où j’ai grandi. Cette époque qui semble être révolue à tout jamais… J’ai une petite confession à vous faire…Il existe encore des endroits où les humains vivent authentiquement.

Si, si !! ça existe ! c’est fou hein ??Alors, lorsque l’on fait ce petit voyage dans le temps, que l’on vit un peu avec ces hommes et ces femmes-là, et puis, que l’on remonte dans la machine du futur qui, en quelques heures vous dépose sur le tarmac de Roissy Charles de Gaulle (qu’elles sont bien faites les machines à voyager dans le temps de nos jours) on peut être un peu stupéfait, contrit, scotché, outré voire carrément révolté. Surtout si l’on s’attèle à ouvrir ce qui semble être le lien à la non-vie des sociétés dites civilisées : INTERNET ! Et bien sûr : les réseaux (a-)sociaux…Vus de l’extérieur et très froidement, par une NÉO-femme un peu arriérée de l’ère du NÉO –lithique, le réseau social ressemble globalement à un vaste poulailler, où Pierre reprend l’info de Paul qui est relayée par Jacques mais où personne n’a vraiment fait l’effort d’aller s’interroger sur ce qu’il aurait pu dire par lui-même. Perte de sens… déliquescence… Fonte du cerveau reptilien synchrone avec la fonte des glaces. J’ai à nouveau atterri dans une société mentale. Oui, mentale, déconnectée de sa nature, de la vie, de l’instinct, avec tout ce que cela comporte d’impermanence, de mouvance. Une société privée de son principe de réalité. Coupée de ses pieds dans le sol, juste des têtes sur pattes. Les pattes servent à marcher mais la tête est restée accrochée au lustre, les oreilles sont suspendues entre deux fils de la toile et même les yeux, aveuglés, n’y voient plus. Le cœur est virtuellement beau, il affiche des banderoles, il exprime sa compassion pour les peuples en souffrance mais il n’ouvre pas la porte à son voisin, non… « le voisin file du mauvais coton ces temps-cis, qui sait, les ennuis pourraient être contagieux, mieux vaut aller crier mon soutien à la cause des enfants du Zimbabwe ou aux malheureuses victimes des bombes… SUR LE RÉSEAU. C’est plus sûr. »

Où est l’être ? Où est-il ? répondez-moi ! Où est la substance ??« Et puis d’ailleurs, qu’est ce qu’il a à pleurer le pote là avec ses emmerdes, tout le monde a des emmerdes, et puis il l’a choisi, c’est son choix, il est adulte et responsable. Faudrait quand même pas en plus que j’aille lui donner un hug ! non mais où vit-on ? en plus j’ai liké son dernier post sur Facebook… » ben oui… c’est sûr…La société est déréglée, on le savait. Le virtuel a remplacé le lien social, on le savait aussi. L’humain a oublié qui il était. On n’affronte plus le réel, on n’affronte ses peurs que par écrans interposés, on regarde la vie de son voisin… « ben,  il en a de la chance lui, il est en voyage et loin ! « Peut-être simplement parce qu’il a les couilles d’aller se (re)trouver hors d’un système avilissant, malade, dangereux ?? On regarde de sa lucarne, on croit tout savoir, alors qu’on est enfermé dans une zone de confort propice à l’illusion. Hors de toute expérience. Vivre, c’est expérimenter. Pas dans la tête, dans le vrai. Moi qui vous ai habitués à des posts doux, celui-ci va un peu détonner, excusez-moi …. maislorsque l’on voit, avec encore plus de recul que de coutume, cet immobilisme géant et tout ce fratras de conneries en barres sur les réseaux sociaux qui ne viennent qu’entretenir des personnages fictifs, comme des doubles de nous-mêmes qu’on se serait inventé pour avoir une vie que l’on n’a pas, quand on revient du très réel, du très concret, d’une nature sauvage et parfois hostile qui remet vite fait les pendules de l’égo à l’heure, quand on voit tout ce tas de merde inutile qui ne fait rien avancer dans le monde à part un nuage de pensées virtuelles, lorsque l’on voit tout ça, on peut avoir des envies un peu extrêmes… Mais surtout aux vues de la non-réaction des gens lobotomisés dans leur monde virtuel, de l’impassibilité face à l’urgence, face à la vraie vie, on se demande ce qu’il se passerait si, soudainement, il n’y avait plus d’internet dans une grande ville comme Paris… Est ce que l’on recommencerait à se soucier de son prochain ? Est ce que l’on appellerait ses amis au téléphone au lieu de les jalouser pour la couleur de la robe, ou l’œil sans ride sur la dernière photo facebook ?? Ne pourrait-on pas instiguer la journée SANS le réseau (a-)social et comprendre enfin les dérives du système ?? Tout ce théâtre ressemble à un énorme DÉNI de soi, de sa nature, de son humanité, de ses racines…

Saviez-vous que lorsqu’un humain contacte un autre humain, il ne suffit pas d’un copier coller pour lui montrer une forme de considération ? Dans les temps anciens, il y avait ce que l’on appelait la parole. Il s’agissait de parler avec son voisin et simplement de lui montrer sa présence, de lui faire sentir qu’il était un être social et que d’autres êtres humains, tout comme lui, vivaient aussi sur cette planète. C’est une façon que les anciens hommes avaient trouvée pour communiquer et pour entretenir la vie. Heureusement les nouveaux hommes l’ont découvert aussi. Peut-être que les nouveaux hommes vont se reproduire ? Peut-être qu’ils vont coloniser la TERRE ? qui sait ? Et cela donnera lieu à une déferlante de NÉO-bébés qui sauront que leurs racines se trouvent sous les pieds, dans la terre mère, et non dans l’entrepôt californien qui gère le cloud d’une moitié de la planète. Peut-être que ces NÉO-bébés apprendront à aimer leur voisin, à lui parler avec des mots et même peut-être à le toucher avec leurs mains, peut-être comprendront-ils que l’autre c’est soi et qu’il faut mettre un terme à la violence sociale pernicieuse induite par la vie virtuelle, cette fausse vie à laquelle les anciens hommes, ceux que l’on dit évolués, croient encore… Peut-être ces NÉO-BÉBÉS nous apprendront-ils à vivre dans nos pieds, à cesser de nous mentir et à nous dresser droit vers le ciel en toute humilité…

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