Instant de grâce, qu'est ce que le Beau ?

Plus on avance dans l’âge et plus on entre dans cette perspective, dans cette finesse, plus on avance dans la vie, et plus on sait s’émerveiller de la vraie beauté.

Qui est tout sauf une affaire de canons.

Imperceptible pour celui, qui, grossier, n’a pas encore exploré son propre intérieur, la beauté vraie, vient vous éclabousser de bon matin, lorsque l’air est empreint d’un parfum d’herbe fraîchement coupée ou que le croissant a si chaud que ses vapeurs viennent vous chatouiller le bout du nez.

La beauté vraie, ce sont ces petits partages du quotidien, un regard authentique, un baiser volé, une parole bienveillante. Tous ces petits rien que la jeunesse trop occupée à courir n’a pas le temps d’apercevoir.

La beauté vraie, elle ne s’attrape pas, il faut la saisir en vol, et puis lui rendre sa liberté de beauté.

Un battement de paupière suffit.

Je préfère aujourd’hui un silence authentique à un flot de paroles grimées.

Car c’est dans la profondeur des cœurs que jaillit la vérité, toute relative mais vraie dans l’instant.

Peu importe ce qui suit. Etre fidèle à l’instant, cesser le mensonge intérieur, ça fait du bien. Le coeur s’en trouve allégé et l’on perçoit sur le visage de l’homme qui sait se livrer sans masque, cette lumière, si particulière, celle de la maturité.

Lorsque l’épais voile de mille illusions s’est dissout, lorsque l’œil averti a accepté la réalité nue, avec ses courbes sensuelles mais aussi ses bourrelets disgracieux, lorsque l’esprit est disposé à accueillir cette nudité sans a priori et sans jugement hâtif, simplement un accueil juste, alors l’humain est sublimé. Un humain sculpté par le temps, comme la roche sous le claquement des vagues.

L’œil s’orne d’une étincelle éternelle, celle du voyageur conscient de n’être que peu de choses, conscient que chacun de ses pas ne le mènent à aucun but, sinon celui de l’expérience, de la mouvance.

C’est à ce moment précis que  le voyageur devient créateur, il peut façonner un univers riche et coloré car son oeil lumière lui donne accès à une gigantesque palette de couleurs.

Il se transforme peu à peu en impressionniste du Quotidien.

Tout tient dans le détail de la touche. Puis, chaque coup de brosse dresse le tableau de cette nouvelle réalité, impermanente, de la matière vive en expansion.

Publié dans: Blog

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