De la Guérison, Amour, Transe, Mutation, Transmutation…

« Ce sont des pans entiers de ma vie qui s’écroulent en accéléré, pour laisser la place à la nouvelle moi.
Nettoyer l’esprit, une fois, deux fois, trois fois par jour, de plus en plus souvent. La cadence s’accélère. Je n’ai plus le choix. Car tout est esprit. Nettoyer l’esprit, c’est nettoyer le problème à la racine. Si l’on ne fait plus rien germer, le ciel est bien dégagé.
Il y en a que tout ce vide ennuie, ça fait peur, ils préfèrent leurs carcans bien chauds. Des limites douloureuses et rassurantes.  Nettoyer son esprit en conscience, surtout avant l’hiver, surtout dans les montagnes, ça fait peur.

Et moi j’ai été embauchée pour faire du ménage industriel, à petite échelle au départ et puis peut être à grande. Je m’en serais passé aisément mais il faut comprendre. Quand on voit d’où vient le mal, qu’on est capable de remonter les lignes de causalité relativement en profondeur et que l’on détient certaines clés pour déraciner les graines malignes, il est naturel de se mettre à l’œuvre un jour ou l’autre.

Ne rien faire serait comme laisser un cordonnier devant une décharge de souliers usés. Incohérent, antinomique, injuste et grossier. N’oublions pas pour autant que les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés…

Alors… Ma vie se transforme, en une ascèse géante. Là où, hier encore,  je pouvais me laisser vivre il s’agit de discipliner, encore et toujours. C’est ainsi que l’on peut transmettre, en ayant valeur d’exemple. En montrant à l’autre que la douleur prend racine dans son esprit, et uniquement à cet endroit. Que c’est le point de vue qui change et que l’on peut décoller dans l’infiniment petit les résidus karmiques, la sédimentation qui a créé la manifestation.
La matière c’est de l’esprit manifesté avec une plus grande densité. La pulvériser c’est être capable, soi-même, de créer de la densité, de fabriquer des éclairs et des flèches de pureté pour aller inciser les chairs abimées, pour aller parler aux esprits malades. Tous les esprits sont malades. Nous sommes tous égaux, nous sommes tous humains. Le guérisseur a donc le devoir d’entrer en relation avec le plus haut, de se laisser traverser de part en part, sans plus s’attacher à rien de ce qui le traverse pour se faire canal. Une crucifixion, un abandon. Malgré une vie laïque.

La méditation est devenue omniprésente. Doublée de la prière. On nomme, on envoie la lumière, on transforme. On devient architecte d’intérieur, alchimiste du cœur, un filtre à noirceur qui fait muter tout ce qu’il touche. Lorsque l’urgence apparaît, le fluide devient tentaculaire. Il se déploie comme une pieuvre géante pour aller secourir les zones d’ombres, de détresse. Je suis un dragon-pieuvre, une guerrière de lumière, et puis, quand la tempête est passée, je ne suis plus rien. Mais la pieuvre dort toujours en moi. Jusqu’au prochain naufrage. M A N I F E S T E R

La vie, le bon, le lumineux, la magie. Soutenir l’autre, faire entrer en lui une armée de chevaliers dorés, le saturer jusqu’à ce que la mort abdique. Activer cellulairement le mouvement, transcender les lois de la physique, agiter des particules, faire vibrer à n’en plus pouvoir et dissoudre les particules élémentaires. La nature est mystérieuse. Un grain de sable peut transformer tout un écosystème pour fabriquer un « écho-système ».

Appeler, demander, recevoir transmettre, bénir, transformer, infuser, remercier.

Difficile dans ces conditions de raccrocher les wagons à la vie quotidienne. On est entre deux mondes, perpétuellement.

Retrouver son unicité en toutes circonstances demande une bonne dose de courage, de patience aussi. Dans les cimes lumineuses, le temps n’a aucune valeur, on observe le théâtre de la vie incarnée comme un vieux train électrique. Des histoires d’électricité, de rails, de voie et de lignes à emprunter ou non.
Replacer les trains sur les bonnes lignes, envoyer la vapeur, souhaiter que la ligne se maintienne, un petit coup de tentacule pour maintenir le chargement en place et une supervision sur la durée. Arroser les graines des arbres autour pour que la voie reste protégée. Fabriquer des univers…

Et veiller à ce qu’aucun train ne dévie de la voie juste, correctement intentionnée. Lorsque le vieux noir se rebiffe, comme Dark Vador, par bourrasques ne pas se laisser impressionner. Le vide appelle le plein et pendant une transfusion énergétique, le mouvement de l’un appelle la réaction de l’autre. Rien de bien sorcier, juste du bon sens. Quand on soulève le canapé au bout de deux ans, la poussière en dessous est épaisse, compacte et dense. Pourtant au départ, ça n’était qu’une pluie de particules. Qui avec le temps a formé des agglomérats, visibles, palpables, des « moutons »… Beurk, c’est sale. Non, ça n’est pas entretenu, nuance. Au départ, nous aussi nous sommes poussière, légers comme l’air, jusqu’à ce qu’un manque d’entretien vienne former des agglomérats. Ce sont ces agglomérats là que le guérisseur est à même de pulvériser. Nous sommes des gens de ménage, ni plus ni moins.
Ne rien s’approprier. C’est la base. Comprendre que nous ne sommes rien d’autre que des marionnettes livrées à la volonté du dessus. Pas une volonté telle qu’on l’entend mentalement mais une loi de causalité infaillible.

La première expérience de soin (hors cercle de proches) s’est bien passée. Sans moi. Je n’étais plus là, traversée de part en part par un courant d’énergie pure, je suis passée en mode automatique. Téléguidée. Le lâcher-prise a bien eu lieu. Cela m’a rappelé ce sentiment d’énergie terrible qui survient lorsque l’on monte sur scène. On n’est plus soi. On sort de soi. Ca fait du bien de le laisser au placard quelques temps celui-là et de s’élever un peu au-dessus ou dehors (qui est sûrement dedans), comme on veut mais sans cette peau-là, tout devient possible. Le divin peut alors traverser et s’exprimer. C’est une forme de transe. Transcendance, transe en danse, c’est dense…

On s’arque-boute comme un éclair, la chaleur nous envahit, les messages affluent, les gestes s’automatisent, le cœur béant reçoit, laisse traverser et accueille son prochain sans aucune limite. La vibration est forte, le consultant soupire il reçoit en lui les bénédictions, les ingère à grosses goulées d’air, les expire pour mieux les intégrer. Il reçoit la grâce. Moi aussi. Cette sensation de planer tout en étant ici et maintenant. Le cœur déployé et les mains électriques. Nous sommes courant, nous sommes câblés. Le temps s’est suspendu quelque part le  long du fil de lumière. Quelle heure est-il ?

On a bien nettoyé la tuyauterie, le canal a conduit. Le soin a rempli l’autre et m’a aussi remplie, moi, petit réceptacle, au passage. La circulation est ainsi rétablie tout au long de la chaîne. L’amour s’infuse et crée de nouveaux liens invisibles. Ou les renforce car nous sommes tous connectés et interdépendants.

Le patient n’est pas plus malade que celui qui sert de canal, l’un est simplement au service de l’autre. C’est par l’échange que le travail se fait. Ni plus ni moins. C’est à cela que sert le lien, à déplacer de la lumière d’une source à un point. Plus on fait descendre dans le canal et plus la vibration monte. C’est physique. Mieux vaut avoir bien bouché les trous et bosses du dît canal avant, pour que l’opération se passe sans accrocs. J’ai pris mon temps pour colmater, ça m’a pris 34 ans.

Et aujourd’hui, abandonner qui je croyais être pour être qui je suis, c’est à dire rien.  Un serviteur posé à sa juste place sur un jeu d’échecs. Une passeuse, passer le courant comme on passe la balle à son voisin sur un terrain de handball, furtivement mais soigneusement et surtout en visant juste. Tous les points de réception du chakra couronne se sont actionnés pour recevoir pleinement les informations. Un diadème d’étoiles orne ma chevelure désormais brun-roux pour une raison que j’ignore. Je continue à changer de couleur de cheveux aux changements de saison comme quand j’avais quatre ans. Same shame shame… Un jour, ça s’arrêtera peut-être. Voilà ce que c’est qu’être canal. De la mécanique, de l’électricité, du ménage dans les tuyauteries. Bref, rien de bien sorcier. Tout est affaire de confiance et de renoncement. Au mental, au pouvoir, au vouloir, au contrôle sous toutes ses formes. Avoir pleinement confiance pour activer tous les points clés qui permettent l’alignement et la réception de l’information. Devenir une antenne sur pattes (s’entraîner un peu avant quand même pour ceux qui voudraient essayer histoire d’éviter le court-circuit voire l’électrocution) et faire un peu de radio à l’ancienne, réception-transmission-retour antenne-émission grandes ondes. Puis repasser en FM, et poursuivre sa route.

Bien sûr la nuit venue, on se branche en wifi… mais ça c’est une autre histoire. »

Tous droits Réservés, Alma Onearth 2015

Crédit photo Fred Auclair 2015 

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