Conversation avec la Lune, Feu de joie…

Une vague de joie m’envahit après la torpeur de ces derniers jours.

La grande dissolution est en cours. Des filaments de lune viennent pulvériser les derniers pans de mur de mes illusions. Ca dégouline un peu. Des stalactites de lumières, un peu partout… Nous sommes en pleine mutation.

Après des mues et des mues, le cœur flambe bien accroché au ciel et à la terre. C’est la nouvelle ère. Un nouveau départ, une autre époque. Amorcée depuis quelques temps déjà, je la ressens très fort depuis deux mois. On m’a préparé le terrain pour pouvoir accompagner mes semblables dans cette grande transformation.

Plus aucun mensonge ne tient la route.

Il est temps de dépecer le lapin. Etre qui l’on est, purement et simplement.

La vérité n’est pas toujours belle à l’œil mais on s’y habitue. Depuis que j’accepte que tout est parfait ainsi, sans offrir de résistance, la vie semble plus simple.

On est en train de passer au shaker inter-cosmique. A la douche lunaire.

Nul ne sait ce qu’il en ressortira. De la lumière pour sûr. Ne pas résister, ça secoue, ça monte ça descend, ne pas s’attacher. Juste des paillettes d’illusion qui partent en fumée.

Qui, quoi, comment ?

– « Allô la Lune ? Mais qui suis-je ? »

– « Personne. Une pluie de particules rendue à son état de pluie de particules. Entre tes veines, mes mille bras rouges, commencent à brûler tout ce qui n’est plus toi. Pour ne laisser que l’essence. »

– « Je me consume… »

– « Ne bouge pas, tu pourrais te brûler les ailes »

La lumière monte, m’envahit, j’ai chaud au cœur. A chaque passage, le faisceau grenat fait éclore une nouvelle couche de pétales. Je suis un lotus géant qui éclot mille fois, en accéléré, sous la pulsation cadencée du brasier lunaire. Une plante tropicale en pleine croissance, au coeur d’une cascade de flammes. Attisée, à chaque instant…

Plus on avance dans la nuit, plus le rythme soutenu du feu sacré m’envoûte, c’est brûlant, à tous les étages de l’être. Je frissonne.

– « Ca va vite, Mère Lune, de plus en plus vite. »

– « Laisse faire, quand on lâche prise, c’est agréable n’est ce pas ? »

– « Oui, c’est grisant…»

Sous mes yeux, les vestiges d’un passé mal echafaudé se consument un à un. Que sera demain ?

Quel nouveau défi m’attendra au coin de la rue, quelles nouvelles personnes m’ouvriront leurs bras, quels nouveaux sourires viendront illuminer mes journées ?

Je ne sais pas. Mais ça m’excite. Ce feu rouge que j’embrasse et qui m’embrase… a laissé un petit goût d’aventure sur mes lèvres, une touche de piment cosmique…

Le mécanisme est infaillible, il se glisse dans tous les recoins d’ombre.

Il n’y a plus d’ombre.

Chaque parcelle est éclairée sous la mandarine lunaire. Le décor de cinéma est démasqué.

Je me rends à l’évidence : le postiche vieillit mal, il faut beaucoup d’énergie pour entretenir le carton pâte. Alors qu’une lumière vibrante s’autoalimente, d’elle même.

L’heure de toutes les vérités a sonné, il y en a qui ne vont pas apprécier.

Le cœur léger, le cœur branché, plus rien de grave ne peut arriver. On sourit. Ce qu’on a bien marché dans la combine tout de même. Maintenant qu’on est nus, qu’il n’y a plus rien à cacher… ha ha ! Grand éclat de rire !

Cette nuit, mère Lune, j’ai flambé de toi, j’ai flambé de joie.

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