Chronique d’une Apprentie Hippie

tribale

« Et les Vacances… Abstinence ! »

Non, non, non, Alain ! Ce temps-là est RE-VO-LU !

12 mars 2015, je suis catapultée à Roissy Charles de Gaulle après un séjour de deux mois et demi dans une communauté hippie, en pleine jungle thaïlandaise, et trois mois au total au pays du sourire.

 A ce moment là, quand tes deux pieds touchent le sol d’une grande capitale européenne, tu vis, ce qu’on appelle le « choc du retour ». Devant tes yeux éberlués, tu observes une société bien codée, bien galvaudée et bien conditionnée à laquelle tu n’as pas été confrontée depuis des lustres et là… ça fait Mal… oui oui très mal.

De la liberté retrouvée

Imaginons un instant, un endroit idyllique où aucun de nos besoins primordiaux n’est ni réprimé, ni jugé ni bafoué.

Un endroit où les êtres se laissent aller à leurs pulsions, leurs envies et leurs besoins sans y faire peser le poids des interdits, des bonnes manières et de tout un système archaïque imposé par notre société, dite bien-pensante. Bref un endroit de liberté d’être.

Et si aujourd’hui je me peignais le corps en rouge ?

LA BONNE NOUVELLE C’EST QUE CET ENDROIT EXISTE ! 

Et j’y étais, au cœur de la jungle avec pour partenaires de jeu, une joyeuse communauté d’électrons libres.

Pendant trois mois, rien de ce qui pouvait m’entraver ailleurs dans le monde n’a été un souci. 

J’avais envie de manger, je mangeais, j’avais envie de boire, je buvais, j’avais envie de crier, je criais (contrairement aux idées reçues le hurlement, le grognement et tous les sons réprimés par la bienséance sont bien plus cathartiques que l’on ne le croit).

Dans mon quotidien, deux activités principales, se faire du bien et se faire du mieux.

Besoin, de s’exprimer, danse mon enfant ! Besoin de souffler, respire à pleins poumons. Tu es triste, mais pleure ! Tout le monde  a besoin de rire, pleurer, danser, vibrer et d’être lui-même sans qu’on en fasse tout un plat. Ah bon ? Mais euh… madame chez moi en France… euh…

Oui, si on nous apprenait à être un peu plus nous-mêmes chaque jour, à déverrouiller les cadenas avilissants d’une société mue essentiellement par la peur, peut être… peut être que le monde irait mieux…

Retrouver l’enfant en soi 

Quand j’étais petite, je chantais à tue-tête quand l’envie me prenait, je me grimais les jours de pluie pour retrouver la joie et je me roulais par terre quand mon corps me le demandait. Personne n’y trouvait à redire… Et puis les années ont passé, je suis rentrée dans le moule, pas celui à gâteaux mais celui du conditionnement ; dans lequel nous passons tous, qui à l’usure devient comme une seconde peau, invisible à l’œil nu, et qui pourtant crée tant de dégâts à l’intérieur.

Mon regard s’est terni, le thermomètre de la joie a commencé à annoncer des températures hivernales et mon audace s’en est allée faire un tour au garage…

L’être pensant que j’étais devenue en avait oublié d’être, simplement. 

Touchez ce corps que je ne saurai voir…

Parmi les limitations imposées par le système, celle du corps est peut être celle que j’ai le plus ressenti ces dernières années.

Mon corps me servait essentiellement à déplacer mon cerveau jusqu’à mon bureau, à faire le lien entre l’écran et le clavier puis, comme un garde-manger je le remplissais (plus ou moins compulsivement) de denrées alimentaires afin de pouvoir recommencer le même rituel le lendemain.

En trois mois j’ai sûrement explosé le quota de contacts physiques reçus les 34 années précédentes ! Etre touché, massé, dorloté tous les jours, ce n’est pas juste un luxe de touriste en mal d’exotisme. Le massage apporte un réconfort, une confiance à tout notre être et rééquilibre le système nerveux central, oui oui..

Du coup, bizarrement, la trentenaire que je suis a vu certaines de ses névroses obsessionnelles disparaître sous une multitude de mains … Chères mains, je vous remercie d’avoir malaxé mon corps des pieds à la tête… Car la tête va mieux beaucoup mieux !

Quand tu vis à Paris, entre quatre murs de bureau la journée, quatre autres murs appelés appartement le soir et que ces deux boîtes à chaussure sont reliées entre elles par un tuyau grouillant plus communément surnommé le métro, tu peux ressentir parfois comme une tension dans le corps… le mien ces dernières années avait dépassé le stade de la tension pour atteindre la surtension, celle qui vient te faire chatouiller du bout du nez l’idée que tu vas peut être bien décéder plus tôt que prévu.

Alors, pour remédier à ça, j’ai décidé ces derniers mois de laisser mon corps libre, sans chaussures, sans soutien gorge et sans entrave et de faire ce que bon lui semblait.

Haaaaa que ça fait du bien ! Je le souhaite à tout le monde au moins une fois dans sa vie.

Aimez-vous, touchez vous ! ça ne fait pas mal !

La sexualité parlons-en, fait partie de notre équilibre. Et surtout de notre déséquilibre !! dans le monde moderne où le sexe est censuré, jugé, fantasmé pour finir finalement en névrose.

Quand j’étais dans la jungle, ça n’était plus un problème.

Quand j’avais besoin d’amour, comme quand j’avais besoin de manger et bien je le faisais, à ma façon : En recevant un hug d’une amie, en allant me faire masser ou simplement en faisant l’amour avec un homme en chair et en os.

La stratégie du manque, l’idéalisation de l’acte de nos sociétés civilisées ont laissé, l’espace d’une parenthèse, la place à un retour au corps, simple, naturel et dénué de sous-entendus.

Le sexe rappelons-le, fait partie des besoins primordiaux de l’être humain.

Loin de moi l’idée de prôner une sexualité débridée, la polygamie ou une quelconque décadence. Non, je ne suis pas de ceux-là.

Mais quand j’observe les visages de mes congénères au retour, sur lesquels je lis la frustation, le manque d’amour ou peut être seulement de contact physique… Je m’interroge. Distribution de laxatifs sur la place de la Bastille ! Et feu d’artifices de capotes autour de la Concorde. Après tout, un symbole aussi phallique doit bien servir à quelque chose non ?

Pis encore, quand je vois autour de moi, hommes et femmes la tête dans leur smartphone à livrer des combats de hyènes sur Tinder, (love me Tinder…) Adopte un mec, attractive world et j’en passe… je me sens tout à coup hors normes. Depuis quand l’amour est-il un supermarché ?

T’as répondu string au lieu de tanga ? T’es finie. Pardon, en langage moderne on dit « t’es au bout de ta vie ». Delete contact. Next ?

Sans vouloir extrapoler, si nous nous occupions un peu mieux de nos corps physiques au quotidien, en massant nos amis, nos enfants, en nous touchant sans attribuer de connotation perverse à chaque effleurement de peau, nous cesserions peut-être… de vivre enchaînés dans nos têtes.

Ou plus simplement nous cesserions de vivre seulement dans nos têtes pour vivre VRAIMENT.

Respire, ça ne coûte rien !

Alors oui, j’étudie actuellement les bienfaits du souffle conscient qui soigne tout notre petit corps et plus encore. Les bienfaits de l’oxygène sont encore méconnus de la science et demain on s’apercevra qu’en fait on avait tout sous la main pour aller bien, n’en déplaise au lobby de l’industrie pharmaceutique.

Sans aller jusqu’à la pratique de la respiration complète et connectée (pour ça vous avez besoin de moi !) le retour dans le béton m’a donné envie de remplacer les bornes velibs par des distributeurs d’oxygène. Breathe, at  least once a day… Peut-être que ton joli minois va se décontracter..

Ce message est un appel à la vie, à l’expression et un STOP à la frustration !

Soyez heureux tant qu’il est encore temps ! Coloriez vos vies vos cœurs et les murs de votre bureau si ça vous chante ! mais la grisaille parisienne, dans le ciel dans la tête ou dans le caleçon,  je dis NON ! 

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