A propos des Transitions de Vie

On nous parle souvent de changer de vie, de retrouver le chemin de son âme, j’en parle moi-même dans mes posts mais il y a une chose dont on parle moins c’est de la période de transition. Ce moment où l’on n’est plus tout à fait hier mais pas encore demain. Ce moment « entre deux peaux » où l’on se sent vulgairement « à poil ». On a bien bossé on a bien vidé toutes ses casseroles, ôté tous ses déguisements inutiles un à un mais on n’a pas encore enfilé sa combinaison de Superman.

A cet instant précis (qui peut durer plusieurs mois) on se retrouve nu, vulnérable, il fait froid… les gens « d’avant » ne sont plus là, ceux « d’après » pas encore arrivés. On traverse le désert. Pas à pas. Parfois on perd une jambe en route. C’est laborieux. La solitude devient paralysante. On se dit qu’une fois arrivés là bas, près de la mer, on en rigolera. Parfois, on tombe sur une oasis, on se délecte de ses fruits bien mûrs, de l’accueil de choix qui nous y est réservé, de l’eau en abondance, de la fraîcheur des palmiers. Puis on reprend la route, une route créée par nos propres pas dans une immensité sans contours. On avance, un pas après l’autre, on se fie à sa boussole. Il faut apprendre tout le temps. Il n’y a pas de répit. Vivre à l’instinct, braver la peur et le danger.

On est très exposé et on pourrait se brûler les ailes ou se brûler tout court. Parfois il arrive que l’on s’écroule ou pis que l’on essaie de rebrousser chemin. Mais on ne peut plus rebrousser chemin lorsque l’on est au milieu d’un désert. D’un côté comme de l’autre c’est vide. On est dans un sas. On le sait. Il se peut que l’on arrive à en sortir, exsangue… En vérité il n’y a d’autre choix car autrement c’est la mort assurée. On ne peut pas rester sous ce cagnard en proie aux vautours qui n’attendent qu’un seul trébuchement pour faire un festin de nos boyaux déjà tordus. Alors on continue… un pas après l’autre. On brûle le jour et on gèle la nuit mais on sait que c’est pour notre bien. Qu’au bout il y a la mer, qu’il ne faut pas désespérer.

Avec le temps notre peau se durcit pour résister à la température élevée des rayons. On se découvre plus fort et plus résistant qu’on ne le croyait. On assouvit sa soif avec très peu, on a beaucoup moins d’attentes qu’avant, on se tourne vers l’intérieur.

Le désert est angoissant mais il est aussi grisant et plein d’enseignements. On finit par aimer le désert. Il nous a construit, il nous a révélés en pleine lumière. Il n’y avait nulle part où se cacher. On aime cette immensité, on a fini par s’habituer et on a appris à regarder une ligne d’horizon sans fond, une  gigantesque toile vierge sur laquelle on a pris l’habitude de peindre un nouveau décor chaque jour. On se dessine une réalité, au gré de l’inspiration puis on la gomme d’un revers de sable. Une lueur au loin parfois, c’était un mirage. Un jour on n’y croit plus. On a tellement dessiné que l’on finit par accepter le grand rien du grand tout.

Et généralement c’est là que le miracle se produit. 

Si vous aussi, vous avez traversé le désert, partagez ce post par solidarité avec tous ceux qui ont eu le courage, un jour, d’assumer leur choix, de quitter leur zone de confort et d’avancer vers l’inconnu, dans une société formatée et un environnement bien souvent sans pitié.

On ne leur reconnaît que très rarement les qualités de bravoure et d’endurance dont ils font preuve. Ils seront sûrement applaudis à l’arrivée mais en vérité l’homme qui a traversé le désert est simplement HEUREUX d’être en vie !

À tous les héros des temps modernes, with Love

A.

 

5 réflexions sur “A propos des Transitions de Vie

  1. Xavier dit :

    Très beau post. Il faut effectivement beaucoup de courage pour traverser le désert. Ce qui est rassurant, c’est que nous sommes bien plus nombreux à nous engager sur ce chemin qu’on n’imagine. Restions humbles et simples, en acceptant tout ce qui nous arrive, sans jamais s’attacher aux phénomènes Très bonne journée, dans la joie.

  2. Valeria dit :

    Merci. C’est tellement juste. Je croyais être forte car jeune jai choisi une voie hors norme. Mais je réalise aujourd’hui que le plus extrême est cet entre deux monde, avec l’adieu à une vie que l on a construit et qui d’une certaine façon satisfait l’ego, et ce chemin dans le vide, avec le dépouillement de soi même, l’abandon de ses trophes et de ses avantages, pour tenter de renaitre ailleurs, différente. C’est une perte de soi , parfois de ses amis, un reset, une entrée en pénitence.
    On s’y sent seuls. Il faut des savants de l’âme pour nous aider un peu. Tout bascule et l’ancien monde plein d’or et de diamant nous sourit…..et nous continuons notre marche en lui tournant le dos, les entraillent brûlantes d amertume, en sachant pertinament que c’est le sacrifice de nous même qui nous sauvera peut être.

    • Alma on Earth dit :

      Merci Valeria, vous ÊTES forte d’avoir choisi une voie hors norme. Bien entendu ça n’est pas facile lorsque l’on se sent appelé à une autre vie ou que tout simplement on réalise que l’on marchait à côté du train de raccorder les wagons. Mais le chemin, aussi éprouvant soit-il, en vaut la peine. C’est notre être profond qui parle dans ces moments-là, notre soif de vivre la vie pour laquelle nous sommes nés, un rappel à l’ordre envoyé d’en haut pour nous remettre sur la bonne voie. Il n’y a pas de regrets à avoir par rapport l’ancienne vie, je crois que ce qui compte le plus dans ces moments c’est l’encouragement vers une floraison. et comme les relations du passé, celles qui étaient fixées sur une « image » de nous en lieu et place de qui nous sommes vraiment, sautent et bien il nous faut nous aussi sauter, le pas, vers l’inconnu qui nous attend. Et puis lorsque l’on se décide à sauter, comme par enchantement de nouvelles relations accordées à la nouvelle vibration arrivent 🙂

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